Les missions d’un agent SSIAP 1 ne se limitent pas à intervenir lorsqu’un feu démarre. Le poste consiste d’abord à prévenir les risques, repérer et signaler les anomalies, appliquer les consignes de sécurité, puis alerter les secours et assister les personnes si nécessaire. Le cadre officiel est fixé par l’arrêté du 2 mai 2005 modifié.
Si votre recherche porte sur la qualification elle-même, son contenu ou les centres qui la préparent, consultez la page consacrée à la formation SSIAP 1. Cet article se concentre sur le métier et les responsabilités une fois en poste.
Que recouvre exactement le métier d’agent SSIAP 1 ?
L’agent de sécurité incendie contribue à protéger les personnes et les biens contre les risques d’incendie. Le sigle SSIAP désigne le service de sécurité incendie et d’assistance à personnes (voir notre article SSIAP : définition, signification et niveaux). Le cadre de ses missions est notamment défini par l’arrêté du 2 mai 2005 relatif aux services de sécurité incendie, dont la version en vigueur au 1er octobre 2026 précise ces missions.
Ce cadre concerne notamment les établissements recevant du public (ERP) et les immeubles de grande hauteur (IGH). Le Code de la construction et de l’habitation définit un ERP comme un bâtiment, un local ou une enceinte où des personnes sont admises, librement ou sous certaines conditions. Les règles de sécurité incendie applicables aux ERP sont précisées dans le Code de la construction et de l’habitation, chapitre III consacré aux établissements recevant du public.
Le SSIAP 1 correspond à l’emploi d’agent de sécurité incendie. Le référentiel officiel précise que cet emploi ne comporte pas de fonction d’encadrement et s’exerce sous l’autorité du chef d’équipe. L’agent échange avec le public, le personnel de l’établissement et les services publics selon les besoins de son poste. Ces éléments figurent dans l’annexe I de l’arrêté du 2 mai 2005, référentiel d’emploi de l’agent de sécurité incendie.
Quelles sont les principales missions d’un agent SSIAP 1 ?
Les missions officielles réunissent la prévention, la surveillance, la mise en œuvre des moyens de secours, l’alerte et l’assistance aux personnes. Leur répartition concrète varie selon le site et ses consignes de sécurité.
Mission | Ce que cela peut recouvrir sur le terrain | Objectif |
|---|---|---|
Prévention des incendies | Repérer une anomalie pendant une ronde, signaler un risque ou une situation qui ne respecte pas les consignes | Réduire le risque d’incident et permettre une correction |
Surveillance des équipements et des moyens de secours | Effectuer les vérifications prévues dans les consignes et assurer l’entretien élémentaire des moyens relevant de sa mission | Contribuer au maintien des moyens de sécurité en état d’usage |
Poste de sécurité incendie | Exploiter le poste et prendre connaissance des informations ou alarmes selon les procédures du site | Faire remonter rapidement les informations utiles |
Alerte et accueil des secours | Transmettre l’alerte et faciliter l’accueil des services de secours | Leur permettre d’intervenir dans de bonnes conditions |
Évacuation et intervention précoce | Appliquer les consignes, participer à l’évacuation et intervenir face à un début d’incendie dans le cadre de ses compétences et procédures | Protéger les personnes et limiter les conséquences d’un incident |
Assistance aux personnes | Réaliser les gestes de premiers secours correspondant à ses compétences et demander les renforts nécessaires | Aider une personne en difficulté jusqu’à la prise en charge adaptée |
Sensibilisation | Rappeler aux employés les règles de sécurité et les conduites prévues par l’établissement | Favoriser des comportements adaptés en cas d’incident |
Cette liste reprend les missions prévues par l’article 2 et le référentiel d’emploi de l’annexe I de l’arrêté du 2 mai 2005 modifié. Elle ne signifie pas que chaque agent réalise toutes ces tâches de la même manière sur chaque site : les consignes applicables et l’organisation du service précisent le travail attendu.
À quoi ressemble une journée de travail en sécurité incendie ?
Une journée peut alterner surveillance, rondes, suivi des informations du poste de sécurité, signalement d’anomalies et assistance au public. La répartition exacte dépend du bâtiment, de son activité, de ses équipements et de l’organisation du service. Le poste ne se résume donc ni à rester devant un écran ni à lutter contre des incendies.

Les rondes contribuent notamment à repérer les anomalies, à vérifier visuellement les dégagements et à surveiller les travaux selon les consignes du site. Le référentiel officiel mentionne ces activités parmi les tâches de l’agent de sécurité incendie. La méthode de signalement et les vérifications attendues doivent suivre les consignes propres à l’établissement.
La traçabilité compte également. Lorsqu’une anomalie est constatée, l’agent doit la signaler selon la procédure du site et transmettre une information claire à la personne compétente. La main courante ou le support prévu localement permet de conserver une chronologie des faits et des actions réalisées.
Exemple fictif de compte rendu :
09 h 15 — Lors d’une ronde, l’agent repère un obstacle dans un dégagement.
09 h 16 — Il signale l’anomalie selon la procédure de l’établissement et informe la personne responsable.
09 h 18 — Il consigne le constat et le suivi réalisé dans le support prévu par le site.

Ces heures illustrent seulement la façon de décrire une situation. Elles ne constituent ni un délai réglementaire ni une procédure universelle : face à un risque immédiat, l’agent applique sans attendre les consignes d’urgence de son établissement.
Le travail comprend aussi une dimension relationnelle. L’agent peut être amené à informer un visiteur, orienter une personne ou rassurer un occupant tout en respectant les instructions de sécurité. Une information exacte, donnée calmement, facilite la compréhension des consignes.
Dans quels établissements peut-on exercer comme agent SSIAP 1 ?
Les emplois concernés se trouvent dans des établissements soumis à des règles de sécurité incendie qui prévoient ou requièrent un service adapté. Les ERP et les IGH relèvent de cadres réglementaires spécifiques, et l’organisation dépend des caractéristiques du bâtiment et de son activité.

Le Code de la construction et de l’habitation prévoit que les mesures de prévention et de sauvegarde tiennent compte, entre autres, de l’exploitation, des dimensions des locaux, de leur construction et du nombre de personnes pouvant y être admises. Il prévoit également des dispositifs d’alarme, de surveillance et des moyens de secours adaptés aux risques (articles R. 143-3 et R. 143-11).
Pour comprendre ce qu’un poste implique, l’intitulé ne suffit donc pas. L’annonce doit permettre d’identifier le type de site, les missions annoncées, l’organisation de l’équipe, les horaires proposés et les consignes particulières. Ces éléments sont à vérifier auprès de l’employeur avant de s’engager.
Quelles qualités sont utiles pour exercer ces missions ?
Le travail demande de rester attentif, de transmettre des informations précises et d’appliquer les procédures du site. Ces capacités comptent autant dans les activités de prévention que lorsqu’un incident impose de communiquer rapidement avec le public, la hiérarchie ou les secours.
Plusieurs points méritent d’être évalués avant de choisir ce métier :
La vigilance : certaines tâches sont répétitives, mais une anomalie doit pouvoir être remarquée et signalée.
La rigueur : les faits et les actions doivent être rapportés clairement, sans approximation.
La communication : l’agent s’adresse à des publics différents et doit transmettre des informations compréhensibles.
Le respect du cadre : il suit les consignes et agit dans les limites de ses attributions.
La capacité à réagir : en cas d’incident, il doit rester attentif aux procédures et solliciter les secours selon la situation.
Les exigences concrètes varient d’un emploi à l’autre. Il est préférable de lire attentivement les tâches et les contraintes mentionnées dans chaque offre plutôt que de supposer que tous les postes SSIAP 1 sont identiques.
Quelles limites faut-il connaître avant de choisir ce métier ?
L’agent SSIAP 1 participe à la sécurité incendie, mais il ne remplace pas les services publics de secours. Ses missions comprennent l’alerte, l’accueil des secours et l’intervention précoce face à un incendie. La réponse attendue dépend des consignes, de la situation et de ses compétences ; les secours doivent être alertés selon la procédure prévue.
Il faut aussi distinguer la sécurité incendie de certaines activités de surveillance privée. Le SSIAP relève du cadre de sécurité incendie des ERP et des IGH. Il ne se confond pas avec les activités privées de surveillance et de gardiennage du Livre VI du Code de la sécurité intérieure, pour lesquelles les règles relatives à la carte professionnelle sont définies notamment à l’article L. 612-20 du Code de la sécurité intérieure. Si un poste rassemble plusieurs fonctions, les exigences propres à chacune doivent être vérifiées séparément : la carte professionnelle concerne par exemple l’activité d’agent de prévention et de sécurité, préparée par le TFP APS.
Enfin, le quotidien dépend du site et du contrat. Les horaires, la répartition des tâches, le fonctionnement du poste de sécurité et les contraintes pratiques ne peuvent pas être généralisés à tous les emplois. Avant d’accepter un poste, demandez quelles missions sont réellement confiées à l’agent, à qui il rend compte et quelles consignes s’appliquent en cas d’incident.

Cet article est informatif. Les missions doivent toujours être exercées selon les textes applicables, les consignes de l’établissement et l’organisation du service.

